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Dangerosité supposée de l’ours : une mise au point s’impose

Depuis la mort d’un trailer dans le Trentin italien, les opposants à la sauvegarde de l’ours en France n’ont de cesse d’instrumentaliser médiatiquement et à toute occasion ce dramatique événement, en tentant d’instaurer une psychose collective.

Dernière en date, l’exploitation médiatique alarmiste de la rencontre rapprochée d’un ours par deux randonneuses sur la commune d’Orlu, dont le seul point notable était l’attitude placide du plantigrade.

Contrairement à ce qui a été suggéré, la présence de l’ours sur ce secteur de l’Ariège, bien que peu fréquente, n’a rien d’exceptionnelle : de jeunes ours mâles en exploration parcourent régulièrement cette zone depuis plus de 25 ans, sans que l’on puisse en déduire une quelconque tendance sur la population ou une possible installation.

Il convient de ne pas se laisser instrumentaliser par des peurs irrationnelles, et de remettre le risque causé par l’ours dans sa juste perspective, à partir des données factuelles :

  • Lors des rencontres homme-ours, l’ours s’éloigne dans 80% des cas alors qu’il est indifférent dans 20% des cas restant. Parfois il peut montrer de la curiosité. Les rares cas de comportement agressif (quelques %) concernent surtout des femelles suitées d’oursons, ou des ours surpris à courte distance, pouvant entraîner une charge d’intimidation.
  • Les charges avec contacts et blessures, voire décès, restent une très rare exception : au niveau mondial on relève moins de 10 décès dus à l’ours par an, loin derrière d’autres espèces d’animaux sauvages ou domestiques, mais ceux-là moins médiatiques (Bombieri 2019).

Par exemple :

  • Par an, les chiens causent au moins 25 000 décès dans le monde, 30 en Europe, 1,5 en France.
  • Un cerf a tué un homme l’hiver dernier en France. Les charges de sanglier peuvent être mortelles, mais rarement.
  • Par an, les bovins tuent une vingtaine de personnes aux USA, 6 au Royaume-Uni (promeneurs), 6 en France (professionnels).
  • Dans nos Pyrénées, les charges de bovins en estive entraînent en moyenne 2 blessés graves par an parmi la seule population des randonneurs et des chasseurs, et sur le seul versant français. Auxquels on peut ajouter un décès en 2013.

Ces chiffres, sans parler des risques inhérents au milieu montagne, se passent de commentaires et montrent que l’agitation se focalisant autour de la dangerosité de l’ours dans les Pyrénées est essentiellement partisane et politique.

Comme pour toute pratique en milieu naturel, minimiser les risques, y compris la faible fraction due à l’ours, passe par la connaissance et l’information afin d’adopter une attitude adaptée.

Loin des polémiques stériles, notre association agit dans ce sens à son niveau, concernant l’ours, à travers :

 

  • Un MOOC, formation gratuite en ligne sur les grands prédateurs, via Erasmus+ et des partenaires européens : https://mooc-large-carnivores.org/
  • Un programme de bénévolat, Parole d’Ours, qui va à la rencontre des pyrénéens chaque été depuis 15 ans, et fournit de la documentation sur le plantigrade, y compris celle de l’Etat (DREAL), dans les commerces et offices du tourisme.