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« Le phénomène est en décroissance par rapport à il y a vingt ans » : une prolifération d’algues vertes limitée en Bretagne

Sciences et Avenir avec AFP l

« Le phénomène est en décroissance par rapport à il y a vingt ans, assure l’expert Sylvain Ballu. Des efforts ont été faits, les concentrations en nitrate ont baissé de façon importante ».

 

La prolifération des algues vertes « n’est pas à un niveau très élevé pour le début de saison » en Bretagne, selon Sylvain Ballu, chef de projet surveillance marées vertes au Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva).

Un phénomène en régression 

« On a fait deux survols (en avion) qui ont permis de constater qu’on n’est pas à un niveau très élevé pour le début de saison« , a estimé M. Ballu auprès de l’AFP, alors que l’intérêt médiatique sur le sujet est ravivé par la sortie le 12 juillet du film « Les algues vertes« , réalisé par Pierre Jolivet.

« Le phénomène est en décroissance par rapport à il y a vingt ans. Des efforts ont été faits, les concentrations en nitrate ont baissé de façon importante : les cours d’eau de la baie de Saint-Brieuc sont passés quasiment de 40 à 22 mg » par litre, a-t-il ajouté, notant toutefois qu’en cas de « conjonctions météo défavorables » de « grosses proliférations » pouvaient être redoutées. « Par rapport aux années 1980-1990, on a beaucoup de sites qui en avaient beaucoup et qui n’en ont plus, ou plus beaucoup : on a eu une régression dans pas mal de secteurs« , a-t-il déclaré.

La baie de Saint-Brieuc concentre une grande partie des échouages d’algues vertes

L’expert a également rappelé que la baie de Saint-Brieuc représentait habituellement la moitié de l’échouage régional des algues vertes et cette année encore cette baie en « V », très protégée de la houle, concentre une grande partie des échouages.

Ainsi, le 21 juin, le conseil municipal de Saint-Breuc, dans un arrêté, a interdit l’accès à une plage de la ville, compte tenu de « l’impossibilité technique de collecter ces algues vertes » et « considérant que l’accès à la zone d’émanation et de diffusion d’hydrogène sulfuré présente un danger pour la sécurité publique« . Les algues vertes, quand elles se décomposent, émettent du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz potentiellement mortel à forte dose.

Le 7 juin, dans le cadre du Plan de lutte contre les algues vertes (PLAV) 2022-2027, copiloté par l’État et la région Bretagne, huit baies bretonnes touchées par ces proliférations se sont engagées à réduire les flux d’azote (nitrates) vers les cours d’eau. Les financements associés à ces huit contrats territoriaux s’élèvent à 18,3 millions d’euros, d’après un communiqué de presse commun. Le plan de lutte contre les algues vertes avait été initié en 2009.