
Depuis l’adoption de la loi d’urgence agricole cette semaine, qui réautorise de façon dérogatoire deux pesticides précédemment interdits, ces substances sont revenues sur le devant de la scène.
En matière de pollution aux pesticides, on pense volontiers à celle des eaux, des sols et des aliments. On songe moins à celle de l’air environnant après un épandage, pourtant bien réelle. Les molécules peuvent ainsi parcourir jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres, révèle une étude inédite.
Des résultats qui soulèvent des enjeux de taille. En effet, le modèle utilisé pour estimer le transport aérien des pesticides pour les autorisations de mise sur le marché date de 1993. Il postule notamment l’hypothèse suivante : les quantités de pesticides passant dans l’atmosphère se dégradent sous l’effet du soleil en quelques heures.
Des observations récentes montrent que la réalité est plus nuancée : certains pesticides peuvent persister dans l’atmosphère jusqu’à plusieurs mois. En 2025, une autre étude révélait la présence de 32 pesticides différents – dont plusieurs interdits en Europe depuis plus de 10 ans – dans plusieurs échantillons d’eau de nuage collectés au sommet du puy de Dôme.
Dans un contexte où le changement climatique (vagues de chaleur et sécheresses) accroît l’évaporation non seulement de l’eau, mais également des pesticides, ce problème risque de s’amplifier. Il y a donc urgence à développer des cadres d’évaluation plus précis qui tiennent compte de ces phénomènes.
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