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Climat : le monde vient de connaître le mois d’octobre le plus chaud jamais mesuré, et enregistre son cinquième record mensuel consécutif

la grèle a détruit les vignesAprès une sécheresse historique, la grèle a détruit des vignes, dans les Pyrénées-Orientales, à Trouillas, le 13 septembre 2023. (ARNAUD LE VU / HANS LUCAS / AFP)

Avec une moyenne de 15,4°C à la surface du globe, le record d’octobre 2019 est battu de 0,4°C, selon Copernicus, qui parle d’une anomalie thermique « exceptionnelle » pour les températures mondiales.

Le mois d’octobre a été le plus chaud jamais enregistré dans le monde, a annoncé, mercredi 8 novembre, l’observatoire européen Copernicus. Avec une moyenne de 15,4°C à la surface du globe, le mois écoulé dépasse le record précédent, établi en octobre 2019, de 0,4°C, selon l’institut, qui qualifie cette anomalie d’« exceptionnelle » pour les températures mondiales. Octobre 2023 est ainsi « 1,7°C plus chaud que la moyenne d’un mois d’octobre sur la période 1850-1900 », soit avant que les émissions de gaz à effet de serre causées par les activités humaines ne précipitent le changement climatique.

Ce relevé correspondant au mois d’octobre s’inscrit dans une succession de records mensuels entamée en juin, lesquels devraient faire de 2023 l’année la plus chaude jamais enregistrée, devant le record annuel établi en 2016. « Nous pouvons affirmer avec une quasi-certitude que 2023 sera l’année la plus chaude dans les annales », a annoncé la cheffe adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus, Samantha Burgess, dans un communiqué. Elle y rappelle que « le sentiment de devoir prendre d’urgence des mesures climatiques ambitieuses à l’approche de la COP28 n’a jamais été aussi fort, » en référence à la 28e conférence climatique des Nations unies, qui se tiendra à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre.

Depuis janvier, la température moyenne est ainsi la plus chaude jamais mesurée sur les dix premiers mois de l’année : 1,43°C au-dessus du climat des années 1850-1900, selon l’observatoire européen.

L’objectif est de limiter la hausse à 1,5°C 

Plus que jamais, 2023 s’approche, sur une année entière, de la limite fixée par l’accord de Paris : en vertu de ce texte signé en 2015, la communauté internationale s’est engagée à limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5°C, un chiffre au-delà duquel les catastrophes climatiques seront encore plus dévastatrices pour l’homme, comme pour la biodiversité. Les mois qui viennent de s’écouler ont ainsi été marqués par des sécheresses synonymes de famines, des incendies dévastateurs ou des ouragans renforcés. 

Alors que le climat actuel est considéré comme réchauffé d’environ 1,2°C par rapport à 1850-1900, l’Organisation météorologique mondiale a estimé au printemps que cette barre serait franchie pour la première fois sur 12 mois au cours des cinq prochaines années.

Il faudra toutefois mesurer le 1,5°C en moyenne sur plusieurs années pour considérer le seuil atteint du point de vue climatique. Le Giec, qui rassemble les experts climat mandatés par les Nations unies, prévoit qu’il le sera avec 50% de chances dès les années 2030-2035, compte tenu du rythme des émissions de GES, essentiellement issus des énergies fossiles.